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Plat de résistance, une classe verte sous forme de cuisine collective

Aux côtés de la designeuse Sarah Teissier, les élèves du dispositif ULIS de l’école Le Bras de Paimpol ont investi les ruines du Danet à travers Plat de résistance, un projet mêlant cuisine collective, expérimentation et savoir-faire. Une aventure pour apprendre à créer ensemble, gagner en autonomie et imaginer de nouveaux usages en profitant du dehors. Un projet soutenu par la DRAC Bretagne et le ministère de la Culture.

Plat de résistance, une classe verte sous forme de cuisine collective

Comment redonner vie à un lieu oublié, tout en apprenant à observer, fabriquer et partager ?

C'est le sujet sur lequel les élèves du dispositif ULIS de l'école publique élémentaire Le Bras de Paimpol ont travaillé aux côtés de la designeuse Sarah Teissier.

Pensé comme un projet d'Éducation Artistique et Culturelle (EAC), Plat de résistance, une classe verte sous forme de cuisine collective a été imaginé en fonction des besoins des élèves, avec une attention particulière portée à l'expression, à l'expérimentation et à l'autonomie.

Pendant quelques demi-journées, les élèves ont participé à la réactivation des ruines du Danet pour en faire un lieu accueillant et convivial. En expérimentant différents savoir-faire, ils et elles ont découvert les matières vivantes, appris à travailler ensemble et développé une meilleure compréhension de l'impact de leurs gestes sur l'environnement.

Le projet s'est déroulé du 17 septembre au 16 octobre 2026 avec le soutien de la DRAC Bretagne et du ministère de la Culture.

Aux origines du projet

Plat de résistance est né dans la continuité de la résidence menée par Sarah Teissier avec l'équipe Design des Mondes Littoraux à l'Abbaye de Beauport durant l'année 2025-2026.

Pendant dix mois, cette résidence a exploré les liens entre design, architecture et paysage sur le territoire du Trégor-Goëlo. En travaillant autour des questions de fréquentation et d'aménagement du littoral, une réflexion est née autour de la forêt de Beauport, propriété du Conservatoire du littoral.

Peu à peu, le regard s'est déplacé vers un autre lieu : les ruines du Danet, leur ancien four à pain et la vallée du Correc. C'est ainsi qu'est né le projet Le Pain perdu, avec une ambition simple : faire revivre ce patrimoine en imaginant de nouveaux usages, tout en respectant la biodiversité du site.

Le projet s'est développé autour de trois axes : la restauration du four à pain et des ruines, la valorisation du ruisseau du Correc et la transmission de nouvelles pratiques en lien avec le paysage.

Une aventure commencée avec la classe ULIS

En février 2026, un partenariat est mis en place avec le dispositif ULIS de l'école publique de Paimpol.

Jusqu'à la fin de l'année scolaire, les élèves participent à des ateliers de cartographie autour du chemin de l'eau, découvrent la fabrication du pain et sa cuisson et poursuivent leur expérience de « l'école du dehors », déjà développée depuis plusieurs années dans la forêt de Beauport.

Au fil des rencontres, un nouveau lieu d'apprentissage prend forme : les ruines du Danet deviennent un second espace de classe en plein air. En associant les élèves à cette transformation, le projet leur permet de devenir, à leur échelle, les ambassadeurs et ambassadrices de la vallée du Correc.

Imaginer une cuisine du vivant

À la rentrée de septembre, une nouvelle étape commence.

Parce que le Danet raconte une histoire liée à l'alimentation, au paysage et aux usages collectifs, le projet propose aux élèves d'imaginer une cuisine du vivant : un espace où l'on peut cuisiner, observer la nature, transformer des ressources locales et partager des moments ensemble.

Le 17 septembre, une première journée est consacrée à la découverte du site et à l'imagination.

Après avoir découvert l'histoire du Danet, les élèves dessinent, fabriquent des maquettes et réfléchissent aux objets qu'ils aimeraient voir apparaître sur le site. Chacun(e) imagine sa manière d'habiter ce lieu.

En parallèle, Sarah Teissier collecte dans la forêt de Beauport du bois issu d'arbres morts ou tombés naturellement. Ces matériaux locaux deviennent la matière première des futures réalisations et permettent d'aborder les cycles de la forêt, les ressources du territoire et les notions de réemploi.

Des idées qui prennent forme

Les 12 et 13 octobre, place à la fabrication.

Accompagnés de Sarah Teissier et de l'Atelier Bivouac, collectif de paysagistes et d'artisans du vivant basé dans le Finistère Sud, les élèves construisent les objets qu'ils ont imaginés quelques semaines plus tôt.

Chacun(e) trouve sa place selon ses envies et ses capacités. Certain(e)s découvrent les outils du travail du bois, d'autres s'initient au perçage, au vissage, à l'assemblage ou encore à la pyrogravure. Peu à peu, les idées prennent forme et le site commence à se transformer.

Le 15 octobre, un dernier atelier est consacré à la mémoire du projet. Les élèves rassemblent dessins, photographies et souvenirs afin de réaliser un journal de bord retraçant cette aventure collective.

Partager l'expérience

Le 16 octobre, les élèves participent à un temps de restitution.

Ils et elles présentent les objets réalisés, racontent les différentes étapes de leur travail et font découvrir leur regard sur le Danet.

À cette occasion, La Gazette de l'École du Danet est mise à disposition. Pensée comme un carnet de bord du projet, elle retrace cette aventure collective et accompagnera les futurs usager(e)s du site, pour que cette histoire continue de se transmettre.